De loin et au vol, le Torcol rappelle plus un moineau qu’un pic,  mais de près, la beauté du plumage apparaît dans tout son éclat.

De loin et au vol, le Torcol rappelle plus un moineau qu’un pic, mais de près, la beauté du plumage apparaît dans tout son éclat.

Bien qu’il soit classé dans la famille des picidés, le Torcol se différencie de nos pics par de nombreux traits de caractères. D’abord il est le seul de cette famille à être franchement migrateur. Il apparaissant dans nos contrées dans le courant du mois d’avril et disparaît en septembre pour rejoindre ses quartiers d’hiver africains. Son allure et son comportement sont également bien différents de ceux des Pics. Son plumage, qui de loin paraît terne, se révèle de près comme un véritable joyau de marqueterie, qui rappelle celui de l’engoulevent ou de certains rapaces nocturnes. Ensuite il ne possède pas à la queue les rectrices durcies des pics ce qui l’empêche de grimper le long des troncs à leur manière.

Bien qu’il n’ait probablement jamais été très abondant dans le nord du canton de Vaud, sa répartition était malgré tout beaucoup plus générale qu’actuellement. Mais durant toute la deuxième moitié du XXe siècle, il n’a cessé de régresser. La disparition des vieux vergers, indispensables à sa nidification – c’est un cavernicole qui niche dans les vieux arbres troués – la modification des pratiques agricoles – qui ont fait disparaître ses proies, tant par l’engraissement des prairies maigres que par l’usage généralisé d’insecticides – ont eu raison de la plupart des populations du canton.

Le Torcol doit son nom a son habitude de tourner le cou en hérissant ses plumes  lorsqu’il se sent menacé. Ce comportement était déjà visible chez des jeunes  âgés de 11 jours.

Le Torcol doit son nom a son habitude de tourner le cou en hérissant ses plumes lorsqu’il se sent menacé. Ce comportement était déjà visible chez des jeunes âgés de 11 jours.

Actuellement, quelques couples nichent encore dans la région d’Onnens VD. Ils exploitent quelques rares lambeaux de vieux vergers et chantent régulièrement à la Chassagne, une vaste colline sécharde présentant de nombreux attraits. Afin de les favoriser, dès 2004, Jacques Roch a construit une série nichoirs destinés prioritairement à cette espèce et placés dans ces secteurs favorables. Une première nichée a pu être menée à bien en 2005. Fort de ce succès initial, le nombre de nichoirs a pu être augmenté. Il y en avait 18 au printemps 2007, dont 2 ont abrité des pontes. De plus, l’espèce a encore été trouvée nicheuse dans un vieux verger par Daniel Arrigo. L’espèce est donc bien présente en tant que nicheuse et, sans verser dans un optimisme exagéré, des mesures telles que l’installation de nichoirs et le maintien de prairies extensives devraient permettre de la maintenir, voire de permettre sa réinstallation dans les environs.

Jacques Roch lors du baguage de la femelle du nichoir MT11 à Onnens

Jacques Roch lors du baguage de la femelle du nichoir MT11 à Onnens